Allaitement et menstruations après l’accouchement

Comment l’allaitement influence-t-il les menstruations ?

Un guide Hayah pour les jeunes mamans

L’allaitement et les menstruations sont liés : les hormones de la lactation peuvent retarder le retour des règles après l’accouchement.

Après l’accouchement, de nombreuses jeunes mamans s’interrogent : pourquoi ai-je encore des saignements ? Est-ce déjà le retour de mes règles ? Pourquoi mon corps réagit-il différemment depuis que j’allaite ?

Voici un guide complet, rassurant et informatif, pour mieux comprendre ce qui se passe en vous après la naissance de votre bébé et comment allaitement, hormones et menstruations interagissent.

Les types de saignements après l’accouchement

Les lochies

Ce sont des saignements naturels qui commencent dès l’accouchement, dus à l’élimination du sang, des débris utérins et du mucus. Chez la plupart des femmes, elles durent 10 à 15 jours, mais elles peuvent persister jusqu’à 4 à 6 semaines chez certaines (source : CNGOF, 2017). Leur aspect évolue : rouge vif les premiers jours, brunâtre, puis jaunâtre en fin de phase.

Un épisode de cicatrisation

Chez certaines femmes, un bref épisode de saignements peut apparaître deux à trois semaines après la naissance, lié à la fin de la cicatrisation de l’utérus. Ce phénomène, parfois appelé “petit retour de couche”, n’est pas systématique et dure généralement de quelques heures à 48 heures.

Le retour de couche

Ce sont les premières vraies menstruations post-accouchement. Elles marquent la reprise de l’ovulation. Chez les femmes qui n’allaitent pas, il survient en moyenne six à huit semaines après l’accouchement. Chez les femmes allaitantes, il est souvent retardé de plusieurs mois, grâce à l’effet hormonal de l’allaitement (source : OMS, 2023).

Quel est le rôle de l’ocytocine pendant l’allaitement ?

Amour et attachement

L’ocytocine, souvent appelée “hormone de l’amour”, joue un rôle clé dès les premières secondes de la rencontre mère-enfant.

Lorsque vous découvrez votre bébé, une intense libération d’ocytocine contribue à créer un sentiment d’attachement immédiat. Elle participe au lien unique et profond que vous ressentez, même si d’autres mécanismes biologiques et psychologiques y prennent aussi part (source : Uvnäs-Moberg, 1998).

Au-delà de l’aspect émotionnel, l’ocytocine réduit le stress, apaise les tensions, procure un sentiment de calme et contribue à créer une relation sécurisante entre vous et votre enfant.

Contractions utérines et lactation

L’ocytocine joue aussi un rôle physique essentiel.

Elle agit lors de l’accouchement pour stimuler les contractions utérines. Pendant l’allaitement, elle déclenche l’éjection du lait : quand votre bébé tète, des signaux passent du sein au cerveau, qui libère de l’ocytocine. Cette hormone provoque la contraction des cellules musculaires autour des glandes mammaires, permettant au lait de s’écouler.

Dans l’utérus, après l’accouchement, elle favorise les contractions qui aident l’utérus à se rétracter et à réduire progressivement les saignements. Ces contractions, appelées « tranchées », expliquent les tiraillements ressentis par de nombreuses femmes allaitantes, surtout pendant les premières semaines.

Il est important de préciser que les pertes de sang observées pendant l’allaitement ne sont pas encore des règles, mais bien les lochies ou un épisode de cicatrisation.

Une légende urbaine à dissiper

Dans les années 1980, l’ocytocine a été utilisée par perfusion pour déclencher des accouchements (surtout en Occident). On sait aujourd’hui qu’elle peut accélérer un travail déjà engagé, mais qu’elle est inefficace si le col n’est pas prêt (source : NICE Guidelines, 2014).

Quel est le rôle de la prolactine pendant l’allaitement ?

Production de lait maternel

La prolactine est l’hormone maîtresse de la lactation. Dès l’accouchement, sa production augmente pour lancer la fabrication du lait maternel.

La mise au sein fréquente stimule la sécrétion de prolactine, maintenant une production de lait adaptée aux besoins du bébé. Plus bébé tète, plus le corps produit de lait (source : Leeners et al., 2017).

Inhibition de l’ovulation

La prolactine a un second rôle : elle bloque temporairement l’ovulation.

Tant que l’allaitement est exclusif, sans biberons ni diversification, son taux reste élevé et empêche le cycle ovarien de redémarrer. C’est pourquoi de nombreuses femmes allaitantes n’ont pas de règles pendant plusieurs mois.

Impact sur la libido

Un aspect moins connu mais tout à fait normal : la prolactine freine naturellement le désir sexuel.

Pendant l’allaitement, de nombreuses femmes constatent une baisse de libido. Ce phénomène biologique est temporaire : le corps concentre son énergie sur l’alimentation et la protection du bébé. Avec le temps, à mesure que les tétées diminuent et que la prolactine baisse, le désir revient progressivement.

Un contraceptif naturel sous conditions

L’allaitement exclusif agit comme une contraception naturelle, mais seulement si bébé a moins de six mois, qu’aucun retour de couche n’a eu lieu et qu’aucune autre alimentation n’est donnée.

Dans ces conditions strictes, cette méthode, appelée MAMA (Méthode de l’Aménorrhée et de l’Allaitement Maternel), est efficace à environ 98 %. Dès qu’un de ces critères n’est plus rempli, l’ovulation peut reprendre. Pour éviter une grossesse rapprochée, il est recommandé d’adopter une contraception adaptée (source : OMS, 2023).

Et après le retour de couche : qu’est-ce qui change ?

Le retour de couche marque la reprise des cycles menstruels, mais pas forcément de la même façon qu’avant. Certaines femmes ont des règles plus abondantes, d’autres plus légères. Les crampes menstruelles, parfois douloureuses avant la grossesse, peuvent diminuer voire disparaître après un accouchement (source : Mahmood et Templeton, 1991). Les cycles peuvent aussi rester irréguliers pendant plusieurs mois, surtout si l’allaitement continue.

Allaitement et santé gynécologique : des bénéfices inattendus

Des recherches récentes suggèrent que l’allaitement exclusif pourrait avoir des effets positifs sur certaines pathologies. Chez les femmes atteintes d’endométriose, il semble réduire les douleurs et ralentir la progression des lésions, en mettant les cycles hormonaux au repos (source : Marino et al., 2022).

L’allaitement est également associé à une diminution du risque de cancer du sein et de l’ovaire (source : World Cancer Research Fund, 2018).

Rappel de l’OMS

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande d’allaiter son enfant au moins pendant les six premiers mois, de façon exclusive, avant d’introduire d’autres aliments (source : OMS, 2023). Cette recommandation vise à optimiser la santé et le développement du bébé, mais elle apporte aussi des bénéfices importants pour la santé de la mère.

Comment vivre cette période avec confort et sérénité ?

Après un accouchement, le confort est essentiel. La peau est plus sensible, les sensations intimes changent et les besoins évoluent. Pour accompagner cette période, des culottes menstruelles douces, respirantes et sans substances chimiques peuvent être une aide précieuse. Elles offrent une solution réutilisable, économique et respectueuse de l’environnement, adaptée aux flux post-partum et aux cycles irréguliers.

Chez Hayah, nous proposons des modèles conçus pour accompagner cette période délicate, notamment adaptés aux flux abondants et au confort post-partum.

Allaitement et menstruations : à retenir

  • Les lochies peuvent durer jusqu’à 4 à 6 semaines.
  • L’ocytocine favorise les contractions qui aident l’utérus à se rétracter et à réduire progressivement les saignements, tout en renforçant le lien émotionnel avec bébé.
  • La prolactine, surtout en cas d’allaitement exclusif, retarde le retour des règles, bloque l’ovulation et réduit temporairement la libido.
  • Le retour de couche peut modifier vos cycles et parfois réduire vos douleurs menstruelles.
  • L’allaitement exclusif pendant 6 mois est recommandé par l’OMS pour le bien-être du bébé et de la mère.
  • Une contraception adaptée reste indispensable si vous souhaitez éviter une nouvelle grossesse.

Références

OMS, « Allaitement maternel », 2023.
Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), Recommandations, 2017.
Uvnäs-Moberg K, « Oxytocin linked to psychological and physiological well-being », Psychoneuroendocrinology, 1998.
Leeners B et al., « Influence of breastfeeding on maternal sexual function », Journal of Sexual Medicine, 2017.
Mahmood T, Templeton A, « Prevalence and management of postpartum menstrual abnormalities », BMJ, 1991.
Marino JL et al., « Breastfeeding and endometriosis: evidence and mechanisms », Human Reproduction Update, 2022.
World Cancer Research Fund, « Diet, Nutrition, Physical Activity and Cancer: Breast Cancer », 2018.

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